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Registre national des copropriétés : ce que l'arrêté du 23 juin 2026 va changer pour votre immeuble

Performance énergétique, impayés, plan de travaux, diagnostic structurel : les informations que votre syndic doit déclarer au registre national d'immatriculation des copropriétés vont fortement s'étoffer. L'objectif affiché des pouvoirs publics est double : accélérer la rénovation énergétique des immeubles collectifs et repérer plus tôt les copropriétés dont la santé financière se dégrade. Voici ce qui change, à partir de quand, et ce que cela implique pour nos adhérents syndics bénévoles et conseillers syndicaux.

L'essentiel en bref

  • Un arrêté du 23 juin 2026, publié au Journal officiel du 19 juillet 2026, détaille les nouvelles informations que les syndics devront déclarer au registre.
  • Côté finances : le seuil de 300 € pour compter les copropriétaires débiteurs disparaît, remplacé par un critère d'ancienneté de la dette (plus de deux trimestres de charges). Le montant du fonds de travaux devra aussi être déclaré.
  • Côté bâtiment : chaque immeuble sera décrit en détail (étiquette du DPE collectif, chauffage, eau chaude, ventilation, étages, ascenseurs), avec un identifiant national unique.
  • Côté travaux : le registre indiquera si un plan pluriannuel de travaux a été présenté et voté, et si le DPE collectif et le diagnostic structurel ont été réalisés.
  • Ces obligations ne sont pas encore applicables : elles entreront en vigueur le 19 janvier 2028.

Le registre, c'est quoi déjà ?

Créé par la loi ALUR de 2014, le registre national d'immatriculation des copropriétés est tenu par l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Depuis le 1er janvier 2019, toutes les copropriétés comprenant au moins un logement doivent y être inscrites.

C'est le syndic, professionnel ou bénévole, qui procède à l'immatriculation puis à la mise à jour des données chaque année, après l'assemblée générale qui approuve les comptes. Le notaire intervient aussi dans certains cas, par exemple lors de la mise en copropriété d'un immeuble.

Jusqu'ici, les informations demandées restaient assez sommaires : identité du syndicat, nombre de lots, quelques chiffres comptables et une description succincte du bâti. Le registre servait surtout à recenser les copropriétés. La réforme veut en faire un véritable outil de suivi de leur état réel.

Une réforme construite en trois étapes

Les nouvelles obligations ne tombent pas d'un seul coup : elles résultent de trois textes successifs, chacun précisant ou complétant le précédent.

Texte

Ce qu'il fait

Entrée en vigueur

Loi « Habitat dégradé » n° 2024-322 du 9 avril 2024 (art. 25)

Réécrit l'article L. 711-2 du CCH : le registre doit éclairer la situation financière et technique des immeubles et servir au repérage des copropriétés en difficulté

Pose le principe ; le détail est renvoyé aux textes réglementaires

Décret n° 2025-831 du 19 août 2025 (JO du 21 août 2025)

Fixe les « données principales » à déclarer (financières, techniques, travaux, diagnostics)

Entrée en vigueur : 18 mois après publication au JO, soit fin février 2027

Arrêté du 23 juin 2026 (JO du 19 juillet 2026)

Précise, champ par champ, les informations et leur format dans le formulaire de télédéclaration

Entrée en vigueur : 18 mois après publication au JO, soit le 19 janvier 2028

 

Santé financière : des critères plus stricts et plus parlants

Le volet financier du registre est recentré sur les signaux d'alerte.

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