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Focus Jurisprudence : Pas d’amalgame entre « charges de nettoyage » et « charges d’entretien » !

L'arrêt de la Cour de cassation du 1er octobre 2026 (3e Civ., n° 25-10.800) apporte une clarification essentielle pour la gestion des comptes d’une copropriété. Il rappelle une règle d'or : une exonération de charges accordée à un lot doit être interprétée de manière strictement littérale. On ne peut pas étendre une dispense de nettoyage à des travaux d'entretien ou de rénovation.

 

🔍 Les faits à l'origine de l'affaire

Une SCI, propriétaire d'un lot dans un immeuble, refusait de payer ses charges. Pour sa défense, elle invoquait une clause de leur Règlement de Copropriété (RCP) qui l'exonérait explicitement des charges de nettoyage des parties communes.

La cour d'appel avait donné raison à la SCI en rejetant la demande du syndic, estimant que le décompte était trop confus et qu'il fallait dispenser ce lot de tout ce qui touchait aux espaces qu'il n'utilisait pas. La Cour de cassation a censuré cette décision.

 

💡 Pourquoi le nettoyage n'est pas de l'entretien (au sens de la loi)

Pour bien comprendre la portée de cet arrêt, il nécessaire de maîtriser la distinction que fait l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 entre deux types de charges :

  1. Les charges spéciales (Services collectifs) : Le nettoyage, le balayage, l'ascenseur ou le chauffage. Ces charges se répartissent selon l'utilité objective pour le lot. Si un lot (ex : une boutique avec entrée exclusive sur rue) n'a aucune utilité à ce qu'on nettoie le couloir intérieur, le RCP peut légitimement l'en exonérer. C'est le cas de la SCI dans cette affaire.
  2. Les charges générales (Conservation et administration) : Le gros œuvre, la réfection des peintures de la cage d'escalier, la toiture, la structure du bâtiment. Ces charges doivent obligatoirement être payées par tous les copropriétaires, sans exception, proportionnellement à leurs tantièmes. Aucune exonération n'est légalement possible ici.

 

⚖️ La décision des hauts magistrats

La Cour de cassation rappelle à l'ordre les juges du fond : l'exonération de nettoyage ne "contamine" pas l'entretien.

Même si le propriétaire de la boutique ne profite pas du nettoyage quotidien de la cage d'escalier (charge spéciale), il reste propriétaire indivis du bâtiment. Si l'on doit refaire les peintures ou réparer les marches de cet escalier (charges générales de conservation), il doit payer sa part aux tantièmes, peu importe que le RCP l'exonère du ménage.

 

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action en justice - répartition des charges
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